Biographie

Journal de Jack Blake

Samedi 24 octobre 2009, par Pierre // Projet Pandore

Journal de Jack Black, 20 Décembre, 19 heures

Dure journée, à courir le pavé dans ces quartiers misérables, dans la neige et le froid. Je ressens à chaque pas la misère et la pauvreté, des images m’embrument l’esprit, les viols, les meurtres qui ont eu lieu dans ces impasses sinistres, la nuit du clochard qui a dormi ici la nuit dernière… une multitude d’image qui s’affiche en arrière plan, une foule d’image que je dois trier, analyser tout en restant concentré sur le présent. Kelly n’est dans aucune d’elle… Sa mère m’a montré des photos, j’ai son visage bien en tête. Elle m’a fait écouté une bande son de sa voix… J’ai tout mémorisé, il me suffit de la trouver dans ce fouillis de souvenirs des lieux. J’engage la conversation avec un clochard qui se réchauffe les mains sur un brasero. Je l’observe, je l’épie. En une poignée de main j’ai aperçu toute l’horreur de sa vie, tous ses crimes et larcins, mais Kelly n’est toujours pas là. La main trainant sur les murs couverts de tags j’avance. Dans ma ballade j’aperçois le visage des artistes qui ont peint ces fresques… je ressens les souvenirs, puis soudain un cri, un cri de femme… Le tout est de savoir si ce cri est un cri de maintenant ou un cri du passé. J’avance toujours aussi lentement, une clope au bec comme semblant de chaleur et j’observe les alentours : personne ne semble rien avoir entendu. Je reviens sur mes pas et me dirige vers la porte branlante de l’immeuble ou il me semble avoir entendu le cri. Un couloir, éclairé par les flashs d’un néon pendant et détraqué. Le mur est maculé de taches et de graffitis. On reconnait au sol les couches des clodos qui peuplent la rue dans ces quartiers. Un escalier semble descendre vers les sous sol. Le cri perçant de nouveau me déchire les oreilles. J’écrase ma clope, et je sers dans ma poche la crosse de mon revolver. Ma torche en main, je descends prudemment. Le sous sol est un vaste labyrinthe de couloirs sans lumière, parcouru de conduites rouillées. Le goutte à goutte de l’eau est oppressant. Chaque son, chaque ombre qui bouge résonne en moi comme un coup de feu. Le cri encore … J’avance vers un cave à la porte de planches pourries. J’avance à pas de loups, plaqué contre le mur, braquant mon calibre et ma torche vers cet enfer qui s’annonce... Des pas résonnent derrière moi. Je ne vois rien, mais je « sens » ce mouvement… d’une grosse batte qui va s’abattre ans mon dos, je sens l’avidité de celui qui la manie, comme si elle suait par les pores de sa peau. Je me baisse et pivote sur moi-même envoyant mon coude dans le visage de l’inconnu. Je sais tout de lui, son nom, qu’il a bu un infâme tord boyau qui l’a rendu à demi aveugle, qu’il habite dans un foyer de sans abri à deux rues d’ici, et qu’il compte me pendre mon portefeuille avant de me laisser pour mort. Sa mère s’appelait Grace et faisait le trottoir à l’angle de… J’enchaine avec un direct du gauche en plein plexus. Même dans le noir je le sens se mouvoir, je sais qu’il est là. Je peux même sentir la peur à sa respiration hachée. Ma torche est tombée au sol et n’éclaire que nos pieds. Il a reculé, le souffle coupé à quelques pas de moi. Pas besoin de mon arme, je le connais désormais, je sais comment il va réagir. « Rentre chez toi Jorge l’aveugle. L’abbé du foyer va te renvoyer s’il sait ça. Tu en es à ta troisième bouteille de la journée et je n’ai pas un cents dans mon portefeuille, tu n’as aucune envie de te faire tuer pour si peu » Je n’entends plus que ses pas et une peur insoutenable alors qu’il part en courant maladroitement dans le noir… Je récupère ma torche et je me retourne vers cette porte de cave qui semble abriter bien des horreurs, et j’entre. La pauvre Kelly est bien là, allongée dans une posture sinistre, les deux jambes brisées, sa jupe remontée et déchirée, les bras tailladés et couverts de brulures de cigarette. Je soupire. Elle a été strangulée pour finir et a les lèvres et le visage noirci par l’anoxie. Je prends une profonde inspiration, car le plus dur est à venir : je m’agenouille aux côtés de la morte et je pose ma main sur son front.

« … »

Je ressors avec une violente nausée, le souffle coupé. Je ne souhaite à personne de mourir de cette manière. Par contre j’ai désormais des visages, car ils étaient quatre. J’ai des visages, des voix, des noms… tout ce qu’il faut pour terminer cette affaire ! Je ressors de ce sous sol macabre le ventre au bord des lèvres. L’air du soir me revivifie un peu. Je rajuste mon chapeau mou et mon pardessus, et m’allume une clope… Je m’arrête dans une cabine téléphonique à l’angle suivant pour passer un coup de fil aux flics, anonyme bien entendu, je ne suis pas sûr qu’ils viendraient si ils savaient que je suis un de leur ancien collègue échappé d’hôpital psychiatrique… En rentrant je m’arrête pour prendre une bouteille de whiskey bon marché et je rentre dans ce qu’on pourrait appeler mon chez moi : une vieille chambre insalubre sous toits du pire quartier de la ville. En sirotant mon premier verre, je ferme les yeux et dessine rapidement le visage des quatre assassins. Je n’ai jamais eu aucun talent pour le dessin, mais je suis capable de retracer les visages à la perfection. Je n’ai qu’à fermer les yeux et mes doigts s’activent seuls… Un don bien pratique si vous voulez mon avis. Je regarde ces portraits plus criants que nature. Il va me falloir boire encore beaucoup avant d’avoir le courage de les épingler sur le mur au dessus de mon bureau. Un vieux disque de blues tourne en boucle, et la bouteille descends pendant que mon cendrier se rempli. J’étudie MON dossier, celui de la mafia locale, une affaire personnelle, un véritable labyrinthe de vrais et faux coupables, une affaire sans fin … Avant de sombrer dans le sommeil, complètement anesthésié par la bibine j’épingle avec un sanglot les 4 portraits au mur. Qu’ils reposent en paix …

Journal de Reaper 20 décembre, 23heures

Je me réveille en sursaut avec une odeur de vieux whiskey partout sur moi. Il a encore picolé, il aurait au moins pu prendre la peine de prendre de la qualité. J’m’étire un coup ! Putain que c’est bon de se sentir en vie. 4 portraits au mur, il m’a laissé du boulot pour cette nuit. Je jette un œil au dossier qu’il a laissé trainer sur le bureau. Il avance bien, en secouant un peu les puces de deux trois barmans des bas fonds je devrais avoir quelques tuyaux à lui filer. J’enfile nos fringues, heureusement qu’on a les mêmes gouts vestimentaires sinon je vous raconte pas la cohabitation de merde… et puis ça rajoute un peu au mystère. You houhou… J’écarte les lattes du plancher pour récupérer mes outils. Je sais qu’il sait où ils sont, mais il n’est pas encore vraiment au point pour ce qui est de nos relations personnelles et professionnelles… Une paire de poignards bien affutés, un poing américain et un bon vieux .44 magnum des familles, une flasque pleine d’une bonne tequila de contrebande, bref tout ce qu’il faut pour une bonne soirée entre amis au clair de lune ! J’ouvre la fenêtre d’un bon coup de pied, et je contemple les lumières de la ville de nuit ! La cité du vice et de la corruption ! Chez moi quoi !!!!! La chasse est ouverte et je hurle au clair de lune avant de me jeter dans le vide ! J’atterri dur une bagnole. J’espère que ce connard est bien assuré parce que sinon c’est la casse … Pour commencer toute bonne soirée entre amis un bon verre s’impose. Direction le « Red Velvet », j’ai cru comprendre de nos dossiers qu’un certain barman pourrait avoir certaines information sur certains mafieux mais que cet informateur certain aurait certainement besoin d’un bon gros coup de tête avant de livrer certaines informations…. C’est donc rempli de ces certitudes que j’entre le sourire aux lèvres dans ce lieu de débauche. Quelques putes défraichies qui m’aguichent, des poivrots au comptoir, et au fond une tablée de mec en cuir, look ringard, qui pue la mafia bas de gamme. Le barman un vieux suant, dégarni, sur le retour qui se la joue gros bras. Je pose mon feutre sur le comptoir, et je présente ma gueule d’ange.

« Un mètre de téq l’ami »

Il s’exécute en voyant les quelques billets graisseux que je lui sors. Une, deux, trois … Le petit frisson… que vous avez peut être déjà connu vous autres amateurs de téq … bref je m’égare. Là je suis bien échauffé, c’est le moment de commencer à jouer.

« Dis donc patron, j’aurai quelques questions sur ton pote Marciessi , … oui, celui qui est en taule et qui t’a filé du blé pour ouvrir ce troquet qui pue la pisse… »

Là je l’ai énervé … J’aperçois les 4 guignols de la table du fond qui se lèvent d’un bond et s’avancent vers moi, et le gentil patron qui glisse sa main sous le comptoir. Les gars n’ont pas envie de causer ! Tant mieux, moi non plus ! J’attends le dernier moment en fixant toujours le barman avec un grand sourire niais. Puis quand le premier lascar s’apprête à m’enfoncer son canif entre les omoplates je bondis vers le plafond et l’autre con enfonce sa lame dans le vide… Je retombe à quelques mètres de là. Les quatre guignols ont l’air un peu con. En un éclair je suis sur le premier, je le choppe à la gorge avant de lui enfoncer le crâne dans le plancher qui se disloque sous l’impact. De ma seconde main je dégaine une de mes lames que j’envoie dans la poitrine du second. Le barman vient de sortir son canon scié de sous le comptoir et me braque, je m’écarte à l’instant même où le plomb jailli … et qui va déchiqueter tendrement le crâne du troisième qui s’effondre dans une belle gerbe de sang. La scène se passe au ralenti pour moi… tellement jouissif… ce sentiment de puissance ! En un éclair j’arrache le fusil des mains du barman qui gicle en arrière sous l’impact pour aller s’effondrer dans ses étagères derrière en fracassant toutes ses bouteilles. Puis je braque le dernier ringard qui est en train de se pisser dessus…

« Mauvais endroit, au mauvais moment mon pote … »

La giclée de plomb le propulse à quelques mètres en arrière. D’un bond je passe derrière le comptoir et je saisi le barman au col. Je l’éclate sur son comptoir poisseux…

« Alors, nous parlions de ce cher monsieur marciessi… »

Ses yeux sont révulsés d’horreur, la scène a dut se dérouler en seulement une seconde, et j’entends seulement les putes et les poivrots sortir en hurlant… Ce vieux con est tétanisé par la peur… Un bon vieux coup de pic à glace dans la paume de la main pour l’épingler sur le zinc le réveille un peu. Là c’est d’habitude le moment où le gugusse lâche le morceau en se pissant dessus. Ça n’a pas manqué. Numéro de compte du bar (qui va pas tarder à fermer si j’en crois mon flaire), nom de l’intermédiaire de Marcessi etc… Je prends tranquillement des notes sur mon calepin pendant que l’autre se pisse dessus.

« Tiens ! Voilà dix dollars pour ton amabilité ! »

Que je pose sur le comptoir. Je trouve la bouteille d’alcool à bruler que tout bon barman planque dans son bar. Je la vide sur le bar en une jolie ligne qui part de l’extrémité avant de déverser la fin sur ce bon vieux pote le barman qui commence juste à hurler comme une truie.

« Ce bar est officiellement déclaré en fermeture administrative pour cause de non-conformité aux lois en rigueur sur la sécurité incendie ! Merci de votre coopération avec les services judiciaires de notre bonne cité ! »

J’ouvre le tiroir caisse pour prendre un max de cash, et je sors en balançant une allumette dans le fourbi ! La mise en scène c’est plutôt mon truc ! Dehors je vois les putes du bar qui regarde leur lieu de travaille commencer à flamber, je leur lance le contenu de la caisse… puis d’un bond je m’élance vers les cimes, prenant appui sur les murs délabrés des immeubles, accompagnés par les hurlements de notre bon vieux pote le barman qui rejoint tout en chaleur son papa Lucifer ! Je saute de toit en toit, la téquila coule encore dans mes veines, ainsi que ce doux sentiment d’euphorie… Mais qui suis-je devez vous vous demander ? Peut être une part de l’esprit de ce bon vieux Jack Black, la part qui a compris que le mal ne se combat que par le mal, tout simplement la part d’ombre de chacun d’entre vous gentil citoyen, la part de folie qui s’est réveillé dans une cellule capitonnée chez ce bon vieux Jack… La partie de lui-même qu’il a du laisser sortir pour d’échapper de psy, pour briser une camisole de force, pour sauter par-dessus les clôtures électrifiée. La part d’anarchie et de folie qui règne au fond de chaque esprit prétendument sain ! Mais attention chers amis !!!! Tout n’est pas si simple … Car ce bon vieux Jack pourrait bien NOUS coller une balle dans la tête si je dérape un peu trop du côté des vilains pas beau qui tuent des innocents… Conclusion j’ai le droit de rigoler ! Mais seulement avec les vilains pas beaux … Et à l’instant il m’en reste 4 à qui je dois dire bonjour… 4 qui ont pas été gentil du tout avec la jolie Kelly… et ceux là …

Journal de Jack Black 21 Décembre 6 heures du matin

Gueule de bois. Genre méchante et vicieuse. Je me réveille dans une chambre de motel pouilleux. La fille qui dort à côté de moi a pas du dormir là gratuitement. Reaper a déjà laissé quelques billets sur la table de nuit. Je me resape rapidement. Des images de sang et de feux m’assaillent quand je touche mes fringues. La nausée reprend, comme chaque matin. Il doit aimer garder mes fringues pour me laisser sentir ce qu’il a fait la nuit, comme pour me faire sentir que je ne suis quelqu’un de bien que le jour… Je sors discrètement pour ne pas la réveiller. Dans mes poches je retrouve un .44 avec toutes ses balles et non utilisé à l’odeur, deux lames poisseuses de sang, et un papier chiffonné ave un numéro de compte accolé au nom d’un bar sur lequel j’enquêtais, ainsi que le nom d’un avocat véreux que je soupçonnais de bosser pour Marciessi et deux ou trois autres infos bien croustillantes… En rentrant avec la tête en vrac je prends un exemplaire du journal du jour. Les gros titres sont les suivants :

« Quatre gangstas retrouvés éventrés et pendus à des lampadaires avec la photo de Kelly McGalle épinglée sur la poitrine, coupables ou victimes du Reaper ? »

« Un bar mafieux incendié, 5 victimes identifiée comme faisant partie du crime organisé, Règlement compte ou vengeance ? »

Je marche comme un zombi jusqu’à chez moi… J’ai honte de ce qu’il est, de ce que nous sommes… Mais je sais qu’à nous deux nous rendons cette ville plus sûre, tant qu’il respectera sa part du marché que nous avons passé dans cette cellule.

« Vous avez un nouveau message bipppppppp »

C’est la maman de Kelly, elle est en larme, qui ne le serait pas à sa place. J’ai moi-même les yeux humides en pensant à sa triste fin. Elle me dit que la police a trouvé son cadavre. Elle me remercie tout de même de tous mes efforts et de mon humanité. Et elle me dit merci d’avoir déposé cette gerbe de fleurs devant sa porte cette nuit avec ce mot de condoléance plein de bonté. Mais qui est-il finalement ? Que sommes nous ? Je suis le flair qui les traque, il est le feu divin qui les puni, Je suis la Raison qui nous guide, il est le bras qui les frappe, Je suis la bonté qui accepte le mal, il est le mal capable de bonté…

Nous sommes le Reaper.

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1 Message

  • Journal de Jack Blake 2 avril 2012 13:56, par Frederic

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