Héraclès

Lundi 3 août 2009, par Pierre // Mythologie grecque

Héraclès, né Alcide, est le plus célèbre héros grec, demi-dieu, personnification de la force, il existe des équivalents de ce héros dans de nombreuses autres cultures : Melkarth pour les Phéniciens, Hercules pour les romains, Gilgamesh en Mésopotamie… C’est un héros du Péloponnèse, contemporain de Thésée (héros de l’Attique, moins fort mais à la cervelle plus fine), ayant vécu quelques décénnies avant l’Iliade, dont il rencontre certains protagonistes (tel le roi Priam). La multitude des auteurs et des écrits sur les exploits d’Héraclès fait que son histoire admet de très nombreuses variantes. L’histoire qui suit n’est que l’une des très nombreuses versions de sa légende.

Les exploits du jeune Alcide

Héraclès est un demi-dieu, fils de Zeus et de la mortelle Alcmène, femme du roi Amphitryon. Zeus désirait engendrer un grand héros, qui aiderait à la fois les dieux et les hommes. Son nom original est Alcide, mais la Pythie de Delphes lui conseillera de prendre le nom d’Héraclès, ce qui signifie « gloire d’Héra », pour apaiser la colère de la femme de Zeus.

Peu après sa naissance, Héra envoie deux serpents pour le tuer dans son berceau, mais le tout jeune héros les étrangle à mains nues.

Alors qu’il a dix-huit ans, Alcide est envoyé par Amphitryon pour tuer le lion de Cithéron, une créature monstrueuse qui ravage les troupeaux. Alcide poursuit le lion jusqu’au royaume voisin, Thespies, ou le roi invite le demi-dieu dans son palais. Soucieux d’avoir une descendance divine, le roi Thespios donne chaque soir à Alcide l’une de ses cinquante filles. Alcide, pensant avoir affaire à la même femme chaque soir, l’honore cinquante nuit d’affilée, mais il s’agit chaque soir d’une femme différente. Cinquante enfants naîtrons de ces unions, tous des garçons : les Thespides.

Ceci fait, le demi-dieu utilise une massue aussi grosse qu’un tronc d’arbre pour abattre le lion de Cithéron. Il revêt sa peau en guise d’armure. Cette tenue sera celle qu’il abordera pendant la suite de ses aventures : il sera ainsi décrit comme un homme de forte stature revêtant une peau de lion et portant une lourde massue.

La folie d’Alcide

Le lion abattu, Héraclès rentre chez lui et croise un groupe d’émissaires minyens, se rendant à Thèbes pour réclamer au roi Créon un tribut annuel de cent bêtes. Héraclès prend la défense de Créon, et tranche le nez et les oreilles de tous les émissaires pour s’en faire un pendentif !

Furieux, le roi minyens Erginos marche contre Thèbes. Amphitryon est tué pendant les combats, mais grâce à Héraclès, Thèbes finit par gagner la guerre et impose aux minyens un tribut de deux cents bêtes par an. En guise de remerciement, le roi Créon donne à Héraclès la main de sa fille, Mégara. Le demi-dieu aura huit enfants et commence à mener une vie rangée…

Mais Héra, toujours en colère, complote contre le héros. Elle déclenche chez lui un accès de folie qui le pousse à jeter au feu sa femme et ses enfants !

Héraclès se rend à la Pythie de Delphes pour se purifier après son crime. La Pythie lui conseille de prendre le nom de « gloire d’Héra » (c’est à partir de ce moment qu’Alcide s’appelle Héraclès) et de se mettre sous les ordres d’Eurysthée.

Les douze travaux d’Héraclès

Eurysthée, roi de Mycènes et cousin d’Héraclès, est jaloux de sa force ainsi que de ses droits sur son trône. Mais pour se racheter auprès des dieux et d’Héra, le héros doit le servir et accomplir pour lui dix tâches (dont deux ne seront pas validées, d’où le nombre douze). S’il y parvient, il sera digne de l’Olympe.

Premier des douze travaux : rapporter la peau du lion de Némée

La région de Némée est dévastée par un lion monstrueux qui a massacré la population. Les paysans que le demi-dieu rencontre lui décrivent un animal invulnérable et aux griffes plus tranchantes que du verre. En habile chasseur, Héraclès le traque plusieurs jours et le surprend derrière un buisson. Il tire une série de flèches, mais celles-ci rebondissent sur la peau du félin, aussi dure que du métal ! De rage, il se jette sur le lion et lui assène terrible un coup d’épée : la lame se plie en deux ! Héraclès utilise alors sa terrible massue, taillée dans un tronc d’olivier, et l’écrase sur le crâne du félin. Le coup ne fait rien d’autre que de résonner dans la tête de l’animal, qui est un peu sonné et s’enfuit dans sa tanière. Héraclès poursuit le lion dans sa tanière. Un violent combat au corps à corps commence, le lion de Némée mord le héros à la main et lui arrache un doigt. Mais Héraclès finit par ceinturer l’animal, et parvint à le serrer si fort qu’il étouffe. Ceci fait, Héraclès dépèce l’animal en utilisant ses propres griffes. Il s’habille de sa peau, plus robuste que celle du lion de Cithéron. Puis il rentre triomphalement à Mycènes, et Eurysthée et si intimidé qu’il se cache dans une jarre et interdit au héros de pénétrer en ville : les prochains travaux lui seront données par l’intermédiaire d’un messager.

Deuxième des douze travaux : vaincre l’hydre de Lerne

Héraclès doit se rendre à Lerne, une région près d’Argos terrorisée par une hydre. Son neveu Iolaos l’accompagne. L’hydre de Lerne est un dragon à cent têtes, dont l’une est immortelle, et dont le venin est si toxique que son haleine seule suffit à empoisonner les mortels. Son repaire se trouve dans une tourbière sans fond. Pour obliger la créature à sortir, Héraclès décoche des flèches enflammées sur la végétation alentour. Effrayée, la bête surgit des marais. S’engage un terrible combat, mais chaque fois qu’Héraclès écrase l’une des têtes avec sa massue, deux têtes repoussent à la place.

Voyant son oncle s’embourber dans le combat contre l’hydre, Iolaos a soudain une idée : il brûle une blessure de la créature pour la cautériser et empêcher les têtes de repousser. Héraclès s’arme alors d’une serpe d’or, et tranche les têtes pour que Iolaos les brûle. Il attrape enfin la tête immortelle, et l’enterre sous un rocher. Après cela, Héraclès va recueillir le venin et l’appliquer sur ses flèches : désormais, elles causeront la mort assurée à tout mortel, et des blessures incurables chez les immortels. Ces flèches seront aussi la cause indirecte de la mort du héros, bien des années plus tard… De retour auprès d’Eurysthée, celui-ci refusera de valider l’exploit, car Héraclès a été aidé par Iolaos.

La constellation du cancer

Un crabe vivant dans le marais va prendre la défense de l’hydre et pincer Héraclès au pied. Le héros agacé écrasera l’animal du talon, mais Héra récompensera le courage du crustacé en le transformant en constellation.

Troisième des douze travaux : capturer indemne la biche de Cérynie

Eurysthée comprend qu’une épreuve basée sur la force n’est pas le bon moyen pour humilier Héraclès. C’est pourquoi il lui donne une mission qui mettra à mal son habileté et sa vitesse : capturer vivante la biche de Cérynie. Il s’agit d’un animal sacré réputé pour sa rapidité, aux sabots d’airain et aux cornes d’or. Héraclès piste l’animal, mais pour ne pas risquer de le tuer il renonce à décocher une flèche et se lance à sa poursuite. Il courre après l’animal sans relâche, mais sans parvenir à l’attraper. Après un an de chasse acharnée, qui aura amené Héraclès jusqu’en Hyperborée, la biche finit par faire une halte près d’un fleuve. Héraclès bande alors son arc et tire une flèche entre l’os et le tendon, immobilisant une patte de l’animal sans répandre la moindre goutte de sang. Artémis s’offense de la capture de l’animal sacré, mais Héraclès lui explique que la biche n’est point blessée. Artémis accepte alors que la biche soit amenée à Eurysthée à la condition qu’elle soit relâchée immédiatement après.

Pholos, les centaures et le sage Chiron

En route pour son quatrième travail, Héraclès reçoit l’hospitalité du centaure Pholos, qui l’invite dans sa grotte et lui offre un véritable festin, donnant de la viande cuite alors que lui-même se contente de viande crue. A la fin du repas, Héraclès lui réclame du vin, mais Pholos hésite à l’ouvrir car il appartient à la communauté des centaures. Devant l’insistance du héros, Pholos ouvre la jarre, mais les centaures attirés par l’odeur du vin attaquent la grotte. Héraclès massacre ses assaillants avec ses flèches empoisonnées par l’hydre de Lerne. Il les poursuit même, et lorsque les centaures se cachent auprès du sage Chiron, celui-ci est malencontreusement atteint par une flèche. Affligé, Héraclès tente de soigner Chiron, mais n’y parvient pas. Le pauvre Chiron souffre au point de ne plus vouloir de son immortalité : il demande à Zeus de lui reprendre, et celui-ci accepte, donnant à la place l’immortalité à Prométhée. Quant à Pholos l’hospitalier, il se demande comment ces petites flèches ont pu tuer de si grandes créatures que les centaures. Il prend une flèche dans sa main, s’en pique le doigt, et meurt immédiatement.

Quatrième des douze travaux : capturer le sanglier d’Erymanthe

Après ce triste épisode, Héraclès reprend sa quête. Il doit capturer un énorme sanglier qui ravage la région de Psophis, sur le mont Erymanthe, en Arcadie. Pour trouver la bête, il abat la forêt mais sans parvenir à le faire sortir de son repaire. Il change alors de tactique et pousse de terribles cris, qui effrayent l’animal. Il pourchasse alors l’animal jusqu’aux neiges éternelles, le harcelant en lui jetant des pierres. L’animal s’épuise, et Héraclès en profite pour l’attirer dans un trou rempli de neige. L’animal tombe dans le piège, et Héraclès le maîtrise à mains nues et l’attache avec un nœud coulant. Il charge la bête sur son dos et la ramène à Mycènes. Quand le lâche Eurysthée verra l’animal, il sera terrifié et se cachera une nouvelle fois dans sa jarre.

Cinquième des douze travaux : nettoyer les écuries d’Augias

Eurysthée, voulant humilier le demi-dieu avec une tâche ingrate, ordonne à Héraclès de nettoyer la fange des écuries d’Augias. Augias, roi d’Elis, est le fils du dieu du Soleil et possède un troupeau magnifique. Les étables, où sont enfermées plus de 3000 bœufs, n’ont pas été nettoyées depuis trente ans. Elles sont encombrées d’un fumier si épais que l’odeur nauséabonde se répand dans les environs et infeste les cultures. Héraclès, trop digne pour perdre son temps à pareille besogne, décide qu’il nettoiera tout en une seule journée. De plus, il décide de demander un salaire : sans évoquer la mission d’Eurysthée, il propose à Augias de nettoyer ses écuries contre le dixième de son troupeau. Le roi accepte parce qu’il pense la tâche impossible, et son fils Philée est témoin du marché. Ceci fait, Héraclès ouvre par deux coups de massue deux grandes brèches dans le mur d’enceinte des étables, puis il détourne les fleuves Alphée et Pénée, faisant passer leurs eaux au travers des écuries. Il rebouche ensuite les brèches. Les étables redeviennent propres et saines. Héraclès retourne voir Augias, mais celui-ci nie avoir jamais passé de marché avec le héros. Philée se range du côté d’Héraclès, et Augias décide de faire expulser les deux hommes de son royaume. Héraclès promet de revenir faire la guerre à Augias une fois que ses travaux seront accomplis. Lorsqu’Héraclès se présente devant Eurysthée, celui-ci refuse de valider le travail. Il a en effet eu vent du marché passé avec Augias, et oppose au héros le fait qu’il n’avait pas le droit de demander de salaire pour les travaux qu’il accomplissait.

Le centaure Eurytion

Sur le chemin du retour Héraclès traverse une petite cité où un mariage forcé est en passe d’avoir lieu. Le roi Dexaménos est contraint de marier sa fille Mnésimaché au centaure Eurytion. Ce dernier menace de dévaster la région si on ne cède son désir. Quand Héraclès reçoit l’hospitalité du roi, celui-ci lui demande d’empêcher ce mariage. Héraclès, toujours prêt à massacrer un centaure, se bat contre Eurythion lors de la cérémonie, et parvint à le tuer.

Sixième des douze travaux : tuer les oiseaux du lac Stymphale

Le sixième travail d’Héraclès est d’éliminer les oiseaux du lac Stymphale. Ces derniers, consacrés au dieu Arès, ont un bec d’airain et des ailes de bronze, et ils dévorent avec acharnement les habitants de la région tandis que leurs fientes empoisonnées détruisent les récoltes. Héraclès savait que son arc et ses flèches trempées dans le sang de l’hydre viendraient à bout de ces oiseaux, mais un problème de posait : les oiseaux nichaient à l’abri, et il ne savait comment les débusquer. C’est alors qu’Athéna apparaît à Héraclès. Elle offre au héros des crotales (ancêtres des castagnettes) de bronze conçues par le dieu forgeron Héphaïstos. Héraclès en joue, et un son terrible en sort, au point d’effrayer les oiseaux. Héraclès dégaine son arc et massacre les volatiles. Tuer les oiseaux du lac Stymphale est la dernière épreuve qui aura lieu dans le Péloponnèse. Par la suite, Eurysthée va tenter d’éloigner le héros en lui donnant des travaux dans le monde entier, et jusqu’aux enfers…

Septième des douze travaux : dompter le taureau de Crête

Le fameux taureau blanc de Crête (père du minotaure, voir l’histoire de Thésée) s’est échappé et dévaste les récoltes de l’île. Héraclès accoste sur l’île de Crète et décide de dompter le puissant taureau en lui montrant qui est le plus fort. Il attrape le taureau par les cornes, le force à s’agenouiller, puis l’entrave, le porte sur ses épaules, et le ramène au roi Minos.

Huitième des douze travaux : capturer les cavales mangeuses d’hommes de Diomède

Le roi de Thrace Diomède (à ne pas confondre avec Diomède d’Argos, héros de l’Iliade), est homme cruel, fils du dieu de la guerre Arès. Il possède des juments indomptables dont les narines projettent du feu, et qui se nourrissent de chair humaine. Cela amuse Diomède à tel point qu’il leur donne en pâture tous les étrangers qui entrent en Thrace. Héraclès attaque le palais de Diomède, capture le roi, et le donne en pâture à ses propres pouliches qui le dévorent. Le héros harnache ensuite les juments avec des cordages, et les amène par navire jusqu’à Argos.

Laomédon, le roi de Troie

En chemin vers le Pont-Euxin pour son neuvième travail, Héraclès va se rendre à Troie. Il apprend alors que la princesse Hésione a été enlevée et sur le point d’être offerte à un monstre marin. Cette punition est l’œuvre des dieux Apollon et Poséidon, que Laomédon avait refusé de payer après qu’ils eurent fortifié les murailles de Troie. Héraclès promet au roi de sauver sa fille, s’il consent à lui offrir les deux superbes juments que Zeus avait autrefois offertes au roi en échange de son fils Ganymède. Laomédon accepte, mais Apollon et Poséidon mettent Héraclès en garde, car le roi n’a aucune parole. Héraclès trouve alors Hésione, enchaînée sur une falaise et sur le point d’être dévorée par un poisson géant. Héraclès tue la créature, sauve la princesse et la rend à son père. Mais ce dernier refuse de payer le héros. Héraclès s’en va, mais fou de colère, promet qu’il reviendra faire la guerre contre son royaume.

Neuvième des douze travaux : voler la ceinture d’Hippolyte

Admète, la fille d’Eurysthée, a entendu dire qu’Hippolyte, la reine des amazones, détenait une ceinture en écailles de fer, unique par son élégance et sa splendeur. Héraclès doit la voler. Les amazones de Cappadoce, prêt du Pont-Euxin, sont un peuple de femmes guerrières, qui tuent les hommes une fois qu’ils ont procréé, et forment leurs filles à l’épée et au tir à l’arc (allant jusqu’à se mutiler un sein pour mieux tirer). Héraclès débarqua avec une petite troupe, les bras chargés de nombreux présents. Ils furent bien accueillis, et le héros parvint même à séduire la reine et à la convaincre de lui donner sa ceinture. Mais Héra se déguise en amazone et répand de fausses rumeurs sur le héros : il serait venu asservir les amazones et enlever leur reine. Les amazones attaquent l’armée d’Héraclès, qui prise par surprise doit se replier. Mais le demi-dieu se bat si bien qu’il redonne courage à son armée, qui reprend le dessus. Héraclès affronte Hippolyte et la tue. Il s’empare alors de la ceinture.

Antée le géant lutteur

Antée est le roi de Lybie, fils de Poséidon et de Gaia, la Terre. C’est un terrible lutteur, invincible car il reprend ses forces chaque fois qu’il est en contact avec sa mère, la terre. Chaque fois qu’un voyageur passe sur son territoire, il le défie à la lutte et le tue. Or, Héraclès passe par là pour se rendre chez Géryon, et le géant le défie. Héraclès, beaucoup plus fort qu’Antée, parvient à la projeter au sol. Mais alors qu’il est par terre, les muscles du géant se revigorent et toute fatigue disparaît. Après avoir fait choir plusieurs fois son adversaire, et alors qu’il commence à fatiguer, Héraclès comprend le lien de son adversaire avec le sol. Le demi-dieu empoigne le géant, le serre si fort qu’il lui brise les côtes, et le soulève de terre pour que sa mère ne puisse point le soigner. Il le tient ainsi en l’air jusqu’à ce qu’il meurt. La femme d’Antée, Iphinoé, a assisté à la scène, et séduite, s’offre à Héraclès. De cette union naîtra un fils : Palaimon.

Voyage aux confins du monde

Le dixième travail d’Héraclès va le mener au bout du monde, c’est-à-dire en Espagne. Pour cela il va devoir longer les côtes africaines, traversant le Lybie où il affrontera Antée. Arrivé au bout du monde, à l’intersection entre l’Afrique de l’Europe, il décide de laisser une trace de sa venue. Il frappe le sol avec une telle force qu’un séisme frappe le monde entier, et que l’Afrique et l’Europe se séparent en laissant sur place deux colonnes rocheuses (l’ancien nom de Gibraltar et Ceuta : les colonnes d’Hercules). Mais en séparant les deux continents, il a involontairement ouvert une brèche entre les deux continents : le lac méditerrané devient une mer qui se jette dans le fleuve Océan. Héraclès ne peut plus passer. De plus, il est incommodé par le soleil, ardent dans cette région. A chaque fois qu’il trouve un coin d’ombre pour se reposer, le soleil le suit, comme s’il l’observait. Très en colère contre l’astre, il prend son arc et le menace. Pour apaiser le héros, Hélios, le soleil, lui prête la coupe d’or qui le transporte à travers l’océan et le guide jusqu’aux rivages où il remonte au ciel pour éclairer la Terre. Héraclès embarque alors dans la coupe d’or et parvint au terme de son voyage, dans la demeure de Géryon.

Dixième des douze travaux : tuer le géant Géryon et voler son troupeau

Arrivé chez Géryon, Héraclès est surpris par Ortho, un chien géant à deux têtes. Le héros se débarrasse de lui d’un coup de massue. Il s’en prend ensuite aux bouviers, mais l’un d’eux parvient à prévenir son maître. Géryon est un géant possédant trois corps et six jambes. Lorsqu’il attaque Héraclès, ce dernier lui décoche trois flèches qui atteignent chacune de ses têtes : le venin de l’hydre fait le reste. Plus personne ne s’oppose à ce qu’Héraclès s’empare des bœufs géants.

De charybde en scylla

Le voyage du retour sera tumultueux. De nombreux voleurs de bétail tenteront de voler Héraclès, et auront pour cela le crâne écrasé d’un coup de massue. Héraclès passera par la Gaule, puis par Rome, rencontrera des peuples barbares qu’il civilisera et sera honoré sous le nom d’Hercules. Au large de la Sicile, le monstre marin Charybde, fille de Poséidon et de Gaia, en permanence affamée, va dévorer une partie du troupeau et sera pour cela transformée en gouffre par Zeus. Héraclès croisera ensuite la route de Scylla, une nymphe transformée par la magicienne Circée en un monstre informe ayant douze moignons en guise de pieds et six têtes de chiens. Elle dévorera quelques bœufs et Héraclès la tuera (elle sera ensuite ressuscitée, ce qui lui permettra de s’en prendre quelques décennies plus tard à Ulysse). Héraclès parviendra finalement à Mycène avec la majorité de son troupeau, tout cela pour le voir sacrifier à Héra…

Onzième de douze travaux : rapporter les pommes d’or du jardin des Hespérides

Le jardin des Hespérides est un jardin d’immortalité réservé aux dieux, où poussent de formidables pommes d’or. Pour cueillir ces pommes, Héraclès doit d’abord trouver ce lieu fantastique. Pour cela, il se rend dans le Caucase où le Titan Prométhée est enchaîné. Prométhée est un sage qui connaît tout. Héraclès le libère de ses chaînes, et pour ne pas désobéir à Zeus qui a voulu que Prométhée reste enchaîné à jamais au Caucase, il lui donne une bague sertie d’une pierre de cette montagne. En échange, Prométhée indique à Héraclès où se situe le jardin. Héraclès retourne au bout du monde. Le jardin est proche, mais Héraclès sait qu’il ne pourra pas entrer car il est réservé aux immortels, et gardé par les Hespérides qu’il ne veut pas tuer car ce sont les filles d’Athéna. Il rend alors visite au titan Atlas, qui a été condamné à soutenir la voûte terrestre, et suivant une idée de Prométhée, lui fait une offre. Il lui propose de soutenir la voûte à sa place, si le titan va lui cueillir les pommes. Atlas accepte, et s’exécute pendant qu’Héraclès soutient seul le poids du monde. Le titan rentre avec un panier rempli de pommes d’or. Il les donne à Héraclès, mais refuse de reprendre sa place. Le demi-dieu fait mine d’accepter de soutenir la voûte, mais demande à Atlas de la tenir encore quelques heures, le temps qu’il aille chercher un coussin pour rendre la tâche plus confortable. Le titan reprend naïvement sa place, pensant que cela sera provisoire, et Héraclès s’enfuit avec les pommes d’or. Après avoir montré ces fruits à Eurysthée, ils seront rendus aux Hespérides.

Lycaon, le fils d’Arès

Au cours de ses pérégrinations pour trouver le jardin des Hespérides, Héraclès rencontre un guerrier du nom de Lycaon, qui le défie. Le demi-dieu, qui n’a jamais été battu, accepte le combat sans se méfier et se rue sur son adversaire. Mais à son grand étonnement, Lycaon évite ses coups, et lui en rend ! Jamais un mortel n’avait pu mettre en déroute le fils de Zeus. En réalité, Lycaon est le fils d’Arès, et le dieu de la guerre dirige son fils pour humilier Héraclès. Zeus est témoin de la scène, et il décide d’arrêter ce combat. Il lance un éclair qui frappe le sol entre les deux protagonistes. Le combat s’achève par un match nul, et Héraclès reprend sa quête, rassuré de savoir que son père veille toujours sur lui.

Le dernier des douze travaux : descendre aux enfers et enchaîner Cerbère

Cela fait bientôt douze années qu’Héraclès s’échine à réaliser les travaux d’Eurysthée, et ce dernier consent à le libérer à l’issue de cette quête. Mais le dernier travail se doit d’être le plus dangereux : Héraclès doit aller en enfer et enchaîner le gardien Cerbère. Les enfers peuvent être rejoints par différentes grottes qui conduisent sous terre, et l’une d’elle se situe à Cap Tenare. Après avoir réalisé des cérémonies de purification au temple d’Eleusis, Héraclès entre dans la grotte et arrive dans une région désolée, froide et désertique, sans aucune forme de vie. Les seules choses en mouvement sont les fleuves des enfers : le Léthé qui fait perdre la mémoire à ceux qui le boivent, le Styx qui détruit la chair mais rend invincibles ceux qui y survivent, l’Achéron, le Cocyte, et le Pyriphégéton… Héraclès sait qu’il serait dangereux de traverser ces fleuves à la nage. C’est alors qu’il aperçoit la barque de Charon, le passeur qui fit traverser les âmes des défunts en l’échange d’une pièce d’argent. Charon n’a pas le droit d’embarquer les vivants, mais Héraclès ne lui laisse guère le choix et saute dans sa barque. Les âmes damnées et les fantômes s’approchent de l’embarcation, mais Héraclès les menace et elles s’écartent de sa route. Un seul fantôme n’est pas intimidé, c’est celui de Méduse (tuée peu d’années avant par Thésée), mais un autre fantôme intervient et protège Héraclès : il s’agit du défunt héros Méléagre. Ce dernier propose en échange sa fille Déjanire en mariage à Héraclès, qui accepte. Héraclès va finalement rencontrer Perséphone, la femme d’Hadès le dieu des enfers, qui va l’inviter dans son palais. Puis il rencontre Hadès, beaucoup moins accueillant, qui impose une série de conditions pour capturer Cerbère : aucun mal ne doit lui être fait, il doit être vaincu à mains nues, et être restitué ensuite. Héraclès accepte, et va trouver l’animal. Cerbère est un chien gigantesque, à trois tête, et dont le pelage est constitué d’une nuée de serpents. Héraclès ceinture le monstre au niveau de son coup, maîtrisant les trois têtes à la fois, et ne cédant pas malgré les morsures des serpents constituant son pelage. Cerbère s’avoua alors vaincu, et accepta Héraclès comme nouveau maître. Il suivit le héros jusqu’à Mycène, où Eurysthée est de nouveau terrorisé en voyant le monstre, et se cachera dans sa fameuse jarre. Quant à Héraclès, il sera enfin libre après avoir rapporté Cerbère.

La revanche d’Héraclès

Ses douze années d’esclavage achevées, Héraclès a encore quelques comptes à régler. Il monte une armée pour combattre les rois Augias et Laomédon, qui l’ont tous deux insulté en refusant d’honorer leurs paroles. Il commence par se rendre à Troie, où il tue Laomédon et tous ses fils. Mais il épargne le fils cadet de Laomédon, Priam, qui est un homme juste, et il le place sur le trône de Troie. Héraclès et son armée entreprennent de rentrer au Péloponnèse pour attaquer l’Elide, dont le roi est le perfide Augias. Mais une tempête fait échouer son embarcation sur l’île de Cos. Athéna apparaît alors au héros. Elle lui explique que les dieux de l’Olympe sont en guerre contre les géants, et que Zeus a eu la prédiction qu’il ne gagnerait que si son fils l’y aiderait. Héraclès suit alors Athéna, et prend part à la Gigantomachie : ses flèches enduites du poison de l’Hydre font un véritable carnage parmi les géant. Ceci fait, Athéna permet à Héraclès et son armée de regagner le Péloponnèse. La guerre contre Augias n’est qu’une formalité pour le héros, qui tue son ennemi et place sur le trône Phylée, fils du souverain déchu, qui avait par le passé témoigné en sa faveur.

Héraclès aux pieds d’Omphale

De passage à Tirynthe, Héraclès est accusé à tort d’un vol de bétail (le coupable en en réalité le grand père d’Ulysse), ce qui le met en rage et le pousse à tuer son ami Iphitos. Pour racheter ce crime, il sera pendant trois ans l’esclave d’Omphale, la reine de Lybie et aura un fils avec elle, Lamos. Omphale imposera au héros une interversion des rôles : elle portera la peau de lion pendant qu’il revêtira la robe des femmes et devra apprendre à coudre. Il faillit partir en voyage avec les argonautes, mais cassa sa rame et partit en forêt avec son amant Hylas pour en trouver une autre. Mais les naïades, également éprises du jeune homme, le noyèrent. Héraclès chercha Hylas nuit et jours, et les argonautes durent se résoudre à partir sans lui. Après trois années d’humiliation, Héraclès se libéra du joug d’Omphale.

La mort et l’apothéose d’Héraclès

Héraclès se souvient de la promesse faite à Méléagre et part épouser sa fille Déjanire. Mais cette dernière est très belle et a un prétendant : le fleuve Achélos. Ce dernier se transforme en taureau pour combattre le héros. Héraclès triomphe, usant de la même technique que contre le taureau de Crête. Il épouse Déjanire, et vit plusieurs années paisibles. Mais un jour, son tempérament colérique reprend le dessus : il tue Eunomos, un serviteur qui avait renversé du vin sur lui. Atterré par ce crime, il décide de s’exiler avec sa famille. Lors du voyage, il rencontre Nessus, un centaure qui lui propose de les aider à franchir le fleuve Evenos. Héraclès accepte, et pose Déjanire sur le dos du centaure. Mais une fois de l’autre côté du fleuve, Nessus tente de violer la belle. Héraclès encoche une flèche empoisonnée et la tire sur le centaure. Ce dernier, agonisant, parle à Déjanire. Il lui dit de recueillir son sang, qui est un puissant philtre d’amour, et qui sera nécessaire si Héraclès se désintéresse un jour d’elle. Or, ce sang est souillé par le venin de l’Hydre. Bien des années plus tard, Déjanire sera jalouse d’une jeune et belle captive nommée Iolè. Elle verse alors le « philtre d’amour » de Nessus sur la tunique d’Héraclès, le jour d’une cérémonie en l’honneur de Zeus. Héraclès l’enfile, et sa peau lui brûle atrocement. Même en enlevant la tunique, la douleur reste abominable et le héros convulse et devient fou. La pauvre Déjanire comprend son erreur et se suicide. La pythie de Delphes ordonne à ce qu’on érige un bûcher pour le pauvre Héraclès. Le héros commence est brûlé vif, et meurt en quelques minutes. Mais soudain, un éclair frappe le bûcher et son corps disparaît : Zeus a ressuscité son fils et l’a amené sur l’Olympe. Parmi les immortels, Héraclès peut désormais vivre heureux. Héra se réconcilie avec lui, mimant un accouchement en le faisant sortir de son vêtement, en signe d’adoption. Elle lui offrit en mariage sa fille Hébé, et lui donna sa propre constellation.

Signification de la légende d’Héraclès

Héraclès est vu très clairement par les grecs comme un civilisateur. Ses premières tâches sont de maîtriser les forces de la nature personnifiées par des monstres. Les prédateurs de l’homme sont tués sans pitié (lions de Cithéron et de Némée, Hydre de Lerne, oiseaux de Stymphale…), puis les animaux qui sont utiles à l’élevage sont domptés et capturés (taureau de Crêtes, Cerbère le chien de garde, biche de Cérynie…). Héraclès affronte les barbares qu’il rencontre hors de Grèce, souvent personnifiés sous les traits des centaures. Il affronte également les grecs, lorsqu’ils qui transgressent les lois de la civilisation : Diomède qui donne de la chair humaine à ses chevaux, les amazones qui refusent la répartition naturelle entre hommes et femmes (« la guerre est l’affaire des hommes, la maternité, celle des femmes... »), Antée qui ne respecte pas les lois de l’hospitalité en tuant les voyageurs, Augias et Laomédon qui ne tiennent pas parole. Héraclès est un homme impulsif et violent qui tue parfois avant de réfléchir, mais il accepte les lois de la civilisation, et lorsqu’il les outrepasse, il se rachète. Au total, il aura passé quinze ans de sa vie esclave de plein gré pour racheter ses crimes.

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2 Messages de forum

  • Héraclès 27 septembre 2013 17:55, par zzcda37

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