Scénario n°2

Le Conseil d’Argos

Lundi 24 novembre 2008, par Pierre // Synopsis des scenarios

Le tyran Pheidon rassembla le peuple dans la vieille acropole baptisée Larissa, et fit lecture de la prédiction de l’Oracle.

« Vous rencontrerez la donneuse de dons, puis celui qui n’a pas vécu. Certains deviendront grands, d’autres médiocres. La troupe sera divisée. D’aucuns trouveront richesse et désespoir, d’autres plaisir et mort, d’autres souffrance et force. Les élus se mélangeront à d’autres peuples pour en former un nouveau et si grande sera leur gloire que les ennemis de leur Cité trembleront jusqu’aux enfer. Les dieux seront favorables, mais Héra ne laissera pas se perpétuer une descendance impie et réclame le sacrifice de celui qui commet l’adultère. »

La prédiction laisse aussitôt la foule perplexe. Un vif débat d’interprétation s’ensuit. Mais dès lors qu’une partie des colons est censée trouver la gloire et défendre la Cité, le tyran et ses conseillers s’accordent pour la poursuite du projet.

Avant de procéder au tirage au sort des colons, le vieux tyran demande si certains sont volontaires.

Le jeune paysan Sylas, qui n’a rien à perdre et recherche l’aventure, se propose le premier. Dans sa fougue il se hasarde, avec le peu de vocabulaire dont il dispose, à faire un discours censé encourager d’autres hommes à le rejoindre. Très concentré, il ne se rend pas compte qu’une vipère est en train de rentrer dans son pantalon. Il est pris d’un frisson en sentant le serpent grimper le long de sa jambe, mais gardant son sang froid il parvient à étrangler le reptile avant de se faire mordre aux parties génitales. La foule de citoyens présents y voit un mauvais augure : peut être Sylas est-il celui dont Héra, la déesse tutélaire de la Cité, réclamait la mort dans la prédiction ?

Un paysan nommé Tobias, qui soupçonnait depuis longtemps Sylas de séduire son épouse, saute alors sur l’occasion pour le dénoncer, et il n’en faut pas plus pour que le jeune homme soit emprisonné en attente de son sacrifice sur l’autel d’Héra.

Après cet incident, quelques hommes se portèrent encore volontaires, tel l’amiral Hector et le marchand Nilmar qui promirent chacun de fournir un navire.

Parménion voulu également se porter volontaire. Mais à peine se montra-t-il aux yeux de la foule que le fils de Brigomaglos, Cléandre, l’accusa publiquement d’être responsable de la mort de son père. Parménion rétorqua n’avoir agit que pour empêcher la souillure du temple d’Apollon.

Après une tentative de conciliation entreprise par le tyran, les deux hommes décident que seul un duel serait à même de rétablir leur honneur. Le combat entre Cléandre et Parménion est organisé dans l’heure, et toute la Cité y assiste : avec une rare férocité, Cléandre utilise sa force brute faire vaciller son adversaire. Sonné, désarmé, blessé, Parménion accepte son destin et attend le coup de grâce.

Avant que Cléandre ne tranche la gorge du spartiate, une voix l’interpelle. Il s’agit de Christos, le prêtre d’Apollon. Christos fait remarquer à Cléandre que la nuit est tombée au moment même où son Parménion a été vaincu, comme si le dieu du soleil se refusait à assister à l’exécution.

Très pieux, Cléandre admet son erreur et s’excuse auprès d’Apollon. Il est alors porté en triomphe par la population argosienne, admirative de sa force et de sa bonté.

Une fois l’euphorie retombée, les argosiens trouvent un nouveau moyen de se réjouir : le sacrifice par castration du jeune Sylas sur l’autel d’Héra. Les prêtres d’Héra et un grand nombre de badauds se rassemblent devant l’autel où Sylas est attaché. Ce dernier demande à faire une déclaration avant d’être émasculé. Les prêtres l’y autorisent, et Sylas explique alors être victime d’un coup monté par Tobias :

« J’ai vu Tobias forniquer avec une chèvre la nuit dernière ! Il m’a surpris, et a voulu se débarrasser de moi en inventant de toute pièce une histoire à mon sujet ! Il est allé jusqu’à mettre une vipère dans mon pantalon ! »

Sylas, grand charmeur, retourne ainsi la situation. Les argosiens trouvent son histoire tellement amusante qu’ils décident de la croire, et ils sacrifient le malheureux Tobias par émasculation.

La soirée s’achevant, il ne reste qu’à déterminer qui sera l’oïkiste, c’est-à-dire le commandant de l’expédition. La famille de Brigomaglos fournissant depuis des générations les généraux de la Cité, le tyran convoque les deux fils du général défunt : Cléandre et Doros.

Mais les citoyens d’Argos se sont tellement attachés à Cléandre depuis son duel qu’ils refusent de le voir partir, et une manifestation s’organise devant Larissa. Dès lors le tyran Pheidon prend une décision fortement emprunte de démagogie : il nomme Cléandre stratégos d’Argos, et Doros oïkiste de la colonie.

Doros : un homme réputé irréfléchi et colérique ; vivant dans l’ombre de son demi-frère ; déconsidéré par son roi et par ses pairs ; fils adoptif d’un général au nom souillé… Promu oïkiste, il va pourtant recevoir la tâche de mener une expédition qui s’annonce comme la plus dangereuse jamais entreprise depuis l’Odyssée.

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